Urbanisation
L' urbanisation débuta en 1892 avec l'aménagement de l'Avenue de la mer. Cette artère majestueuse était large de 20 m, dont 3,5 m étaient pavés . Pedro Ollevier finança le projet en faisant don à son entrepreneur Bonzel des terrains situés entre l'Avenue de la mer et les terres de Bortier. Les dunes en bordure de mer furent nivelées sur une largeur de 30 m pour former la digue .On créa des rues transversales larges de 16 m (dénommées « rampes » ) entre le Boulevard de Nieuport ( 18 m) ,le Boulevard de Dunkerque et la Digue de mer. Les 11 parcelles de 100 sur 45 m ainsi obtenues à partir du Mont Blanc devinrent alternativement la propriété de Ollevier et de Bortier. Ollevier conserva une certaine emprise sur l' urbanisation de Bonzel en tenant la première parcelle à l'est de l'Avenue de la mer, libre de toute construction en vue de l'élaboration future d'un casino ou d'un édifice semblable. De toute façon, l'aménagement de l'Avenue de la mer, une initiative privée, fut le signal de départ de l'épanouissement touristique de notre station balnéaire. Des projets semblables avaient déjà vu le jour sur d'autres parties de la côte à cette époque. Des architectes renommés donneront leur nom à des quartiers urbanisés sous leur directive. C'est le cas pour B. Crombez à Nieuport, J.Strübben à Duinbergen, O. Van Rysselberghe à Westende et E. Collinet au Coq sur Mer. A La Panne, ce seront, surtout, Albert Dumont (1853-1920) et Georges Hobé ( 1854-1936) qui auront l'honneur de réaliser des projets d' urbanisation . Le premier ayant déjà une certaine expérience avec un projet semblable( p.ex.. à Middelkerke ) se laissa inspirer par le style cottage comme en Angleterre et respecta le relief du terrain accidenté que forment les dunes.(photo 8). L'implantation de cottages, comme nouveau type d'habitation, tout en respectant l'environnement naturel, est significatif pour cette urbanisation pittoresque. Les villas et les cottages individuels implantés dans des parcelles de terrain bien proportionnées témoignent d'une architecture pratique et rationnelle.

Ce quartier charmant est encore de nos jours une alternative digne à l'encontre des axes commerciaux de l' Avenue de la mer et du Boulevard de Dunkerque ( et - de Nieuport). Les flancs des dunes paraboliques exposés au sud furent réservés aux villas individuelles tandis que les flancs nord furent nivelés pour permettre une construction plus dense aux abords de la plage. Entre les deux se trouve une espèce de dépression formée par du sable mouillé qu'on retrouve derrière chaque dune parabolique et qu'on nomme « panne «en dialecte local de par sa forme en espèce de poêle à frire . Dumont traça également le patron interne des rues en 4 zones distinctes ( photo 2 - en bas). La première zone contenant des rues larges de 20 m entre la Digue de mer et le Boulevard de Dunkerque fut réservée à des constructions contiguës. Le Mont Blanc, propriété de Bortier, marque la fin monumentale de la voie principale de tout le projet : la Digue de Mer. Il en fut de même avec le Boulevard de Dunkerque. En 1922 le plan d'urbanisation fut modifié pour éviter un virage trop brusque autour du Mont Blanc en vue d'un prolongement du boulevard. A partir de l' Avenue des Pêcheurs on décida d'adapter la profondeur de la première parcelle ainsi que l'allongement de la profondeur des parcelles du bloc de mer 1 de 50 m pour permettre de contourner le Mont Blanc. Ce fut probablement la seule modification dans le plan original des rues.

Sur la Digue de Mer on construit donc des villas élitaires formant un mur serré en contraste avec la nature sauvage de la mer. C'est «  le boulevard «  le long duquel les premiers hôtels feront leur apparition ainsi qu'un casino, temple du jeu, de la culture et du divertissement. On voulait une sorte de «  ville à la mer « où il ferait agréable de se promener, se rencontrer et de jouir du spectacle varié et théâtral qu'offre la vue des divers styles fantaisistes des villas.

La zone 2 est formé par le bras nord aplani de la dune parabolique. Elle est prévue pour des villas de luxe dans de rues droites et larges, exception faite pour le Square Albert où l'on prévoit des villas accolées C'est une zone de transition. La zone 3.est formée par «  la panne « dans laquelle apparaîtront pas mal de villas jumelées. Enfin la zone 4, formée par le haut flanc sud de la dune parabolique, dans laquelle le concept «  anti-ville «  et le respect de la nature seront primordiaux. On respecta à 100 % le relief naturel et l'accès par des petits chemins. En 1892 les premières constructions firent leur apparition dans ce lotissement de 20 ha. Un plan d'Alexis Dumont, publié dans le mensuel «  Le cottage «  ( No V du 15 juin 1904) nous montre que la majeure partie du lotissement est déjà construite.

ggggg