Architectes et Personnalités
- Albert Dumont
- Alexis Dumont
- Georges Hobé
- Jozef Viérin
- Oscar Vermeesch
- Louis Legein
- Pierre Bortier
- Pedro Ollevier
- Jules Thiriar

- Jules Lagae
 
Albert Louis Constant Dumont est né à Neufchâteau le 5 juin 1853. Il appartenait à une famille fortunée d'origine Française qui sous l'Empire était venue s'installer à Gand. Il fit des études de droit à l'Université de Gand (1871-1872) ainsi qu'à l' "École des Arts et Manufactures" (1873) et 2 ans de stage chez un entrepreneur. Il était donc en grande partie autodidacte, agissant initialement en tant qu'entrepreneur pour les bâtiments qu'il avait dessinés lui-même. C'est ainsi qu'il acquit toutes les ficelles du métier.
A l'âge de 23 ans il s'installe comme architecte à Bruxelles où il travaille avec Auguste Hebbelynck, dont il épouse la sour Marie-Célestine-Camille (1849-1920) à Anderlecht le 17 avril 1876. Ils eurent 11 fils et 2 filles dont l'aîné, Alexis, allait dessiner la plupart des bâtiments.
De ses débuts (1877) datent 4 maisons dans la Rue Capouillet à Saint-Gilles, l'une d'elles devenant son domicile. Ensuite suivront divers bâtiments de style Flamand ou Renaissance à Bruxelles.
La demeure de la Rue d'Écosse n°17 à Saint -Gilles, construite de ses propres mains en 1896 deviendra la maison culturelle de la famille Dumont.
La maison communale de Saint-Gilles de style Renaissance Française constitue sa réalisation la plus majestueuse.
Il devint une figure fort connue dans le monde architectural. Influencé manifestement par divers styles il fut difficile de comparer son ouvre à celle d'un autre architecte bien précis. Albert Dumont se laissa guider par le souci du respect scrupuleux des programmes présentés par ses mandataires.
Vers 1880 il débarqua pour la première fois à La Panne. Attiré et inspiré par la côte, ses dunes, sa lumière et la mer, il élabora un plan pour le grand propriétaire terrien Calmeyn en vue de l'exploitation de ses dunes. Par manque d'argent ses plans ne furent jamais réalisés. Aigri et désappointé il s'établit à Middelkerke où il réalisa en moins de 15 ans environ 200 projets de villas. Vers 1895 il revint à La Panne où d'autres propriétaires terriens, telles que les familles Ollevier et Bonzel, le chargèrent de l'aménagement et de la réalisation de l'actuel quartier Dumont. A partir de 1902 il fut secondé par son fils aîné Alexis.
Depuis 1903 il possédait une résidence secondaire à La Panne.
Albert Dumont était également actif dans la Commission Royale pour la sauvegarde des Monuments qui sous son influence fut élargie en 1912 d'une section Sites .
Il mourut le 26 octobre 1920 à Saint-Gilles.
Un mémorial sous forme d'un banc d'agrément ornementé d'un médaillon à son effigie (par De Rudder) et dédié au créateur de la cité balnéaire (selon un projet de son fils Alexis datant de 1926) fut inauguré le 5 septembre 1926, et figure encore aujourd'hui dans l'avenue qui porte son nom.

"A lui l'honneur d'avoir sauvé La Panne de la banalité, d'avoir su s'opposer à la rapacité des propriétaires en leur faisant refuser le droit de s'emparer de tout terrain disponible, en les obligeant à laisser autour des chalets de gracieux jardinets" . (extrait du "Guide illustré de La Panne").

Le titre de créateur de La Panne revient par conséquent plutôt à Albert Dumont qu'à Pedro Ollevier.

Albert Dumont avait un cousin à Versailles où habitait son grand-père, notamment Léon Ottenheim, photographe amateur connu. Celui-ci a fait l'acquisition de la villa "Ker Jeannic" à front de l'Avenue des Pêcheurs (Visserslaan) dans le tronçon (= dénommé anciennement "rue" des Pêcheurs) entre le Boulevard de Dunkerque et la Digue de Mer. De ce fait nombre de belles photos du quartier Dumont parurent dans le livre "Lumières de verre" de Martine Lani-Bayle, sa petite-fille (2007).
Il y a deux beaux fragments de texte dans ce livre (voir bibliothèque communale de La Panne) :
- Villas pendant les années de guerre LISEZ>>>
- Article sur Albert Dumont (cousin de Léon Ottenheim) et les chars à voile de Benjamin Dumont.
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Alexis Dumont est né à Molenbeek-St-Jean le 28 janvier 1877. En 1901 il obtint le diplôme d'architecte à l' Académie Royale des Beaux Arts à Bruxelles. Après un stage de courte durée auprès de l'architecte Londonien Pridmoire il prit service dans l'atelier de son père à Bruxelles. A partir de cette date, beaucoup de projets se font sous le nom du père et de son fils, tout en accentuant d'année en année davantage le cachet de ce dernier sur les projets. Après la première guerre mondiale les missions individuelles devinrent de plus en plus nombreuses. Dans la période entre les deux guerres il réalisa quelques projets individuels remarquables comme le Garage Citroën à Bruxelles (1933) sous la direction de Maurice Ravazé. C'est encore toujours de nos jours un immeuble moderne de fer et de verre. Alexis était également particulièrement intéressé par l'urbanisme. Comme son père il était également membre de la Commission Royale des Monuments et des Sites .
Il mourut à Ixelles le 12 janvier 1962
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Georges Hobé (1854-1936) est un architecte Bruxellois qui s'est construit, pour lui-même et sa famille, un joli cottage au sommet de la dune "Kykhill". A l'origine il était menuisier comme son père. De concert avec Henry Van de Velde il organisa l'exposition congolaise à Tervueren en 1897. Il y a pas mal de villas dessinées de sa main à Bruxelles et à Spa.

Le souci de l'aménagement se retrouve dans de fort belles villas dont il fut l'architecte (environ 5 dans le quartier Dumont). A l'occasion de la journée du patrimoine en 2005 il y eut la parution d'un livre luxueux concernant le thème du "BOIS" ('HOUT" ; cliquez ci-contre, à gauche). Un chapitre complet y est consacré à l'aménagement intérieur de la villa "Kykhill". Par Arrêté Royal du 24 juin 1901 Georges Hobé fut désigné comme concessionnaire pour l'aménagement, l'entretien et l'exploitation, pour une durée de 50 ans, de la ligne de tramway à traction chevaline entre la gare d'Adinkerke et la mer.

Il fut le gestionnaire de la "Société anonyme du Tramway de La Panne" (l'on parlait donc déjà de La Panne 10 ans avant son indépendance). Les chevaux furent seulement remplacés pendant la guerre 1914-1918 par des tracteurs à moteur à essence par le général baron Empain. Cela s'est maintenu jusqu'en 1920 lorsque 2 petites locomotives à vapeur furent acquises.
En 1918 il devint architecte communal. Ainsi la commune eut enfin également son mot à dire quant au lotissement privé autonome.
Lors de l'aménagement de "L'Océan" en hôpital le Docteur Antoine Depage fut aidé par l'architecte Hobé, qui l'aida également après la guerre (conjointement avec la Croix Rouge) à concevoir un grand hôpital universitaire à Woluwé. Le plateau tout entier du "Chant d'Oiseau" au-delà du Parc de Woluwé fut acquis par le Docteur Depage, qui y conçut un hôpital modèle de 600 lits et comprenant tous les services d'aide modernes. Le même Hobé conçut à Furnes le quartier "Nieuwstad", d'où l'existence à Furnes d'une "Avenue Hobé" ("Hobélaan") RETOUR>>>

 

- Oscar Vermeesch
- Ludovicus, Cornelius Legein


Pierre-Louis-Antoine Bortier est né en 1805 à Dixmude, fils du négociant et grand propriétaire terrien Pierre-Antoine Bortier (1765-1843). Après ses humanités à Bruges il étudia à l' Institut de Commerce à Paris. Il avait une prédilection pour la branche "économie politique" ce qui jettera les bases de sa théorie avançant que l'agronomie est la source majeure du bien-être.
Il avait à peine 25 ans quand il hérita de son oncle Pierre Bortier (senior) plusieurs propriétés à Ghistelles et à La Panne. Son patrimoine allait encore s'accroître considérablement à la mort de son père en 1843 dont il hérita les biens, e.a. à Dixmude.
Pierre Bortier voyagea beaucoup, notamment en France, en Angleterre et en Italie. Entre deux voyages il résidait à La Panne. En 1842 il fit construire un pavillon de style néoclassique comportant beaucoup d'éléments italiens, avec à l'arrière un étang (appelé le "wol" dans le langage courant local) , d'après un projet des architectes Hector Horeau et Donny. Aux façades latérales, au niveau du rez-de-chaussée, des niches ont été aménagées avec des statues grandeur nature. Sur le toit d'énormes vases sur les balustrades. En 1867 le pavillon fut agrandi par l'architecte Auguste Schoy et une seconde fois tout juste avant la première guerre mondiale. Le pavillon perdit ainsi beaucoup de son charme et après la seconde guerre mondiale il n'en subsista que des ruines. Il fallut attendre sa mort en 1879 pour voir apparaître les premiers lotissements de son vaste domaine de dunes de La Panne. Pierre Bortier n'avait apparemment pas d'héritiers directs car via sa sour Émilie qui épousa Joseph Calmeyn, le pavillon et toutes les dunes deviennent la propriété de la famille Calmeyn. Ils avaient 5 enfants. Leur fille Pauline Calmeyn épouse Jean-Baptiste Sanchez de Aquilar. Leur petite-fille Alice allait épouser Ernest d'Arripe qui en 1911 deviendra le premier bourgmestre de La Panne en tant que commune indépendante. Leur fils Louis épouse Flore Rey. La petite-fille Louise épouse Adile Mulle de Terschueren. Leur fils Pierre et leur fille Léonie épousent un Orban. Leur fille Elisa épouse Charles Maskens. C'est la raison pour laquelle l'on trouve une série de villas majestueuses se situant à gauche et à droite de l'actuelle Esplanade, ainsi que sur les terrains de la maison communale actuelle et de la Place Royale (Koningsplein). Les villas Bortier, de Terschueren et Maskens (à l'ouest de l'Esplanade) furent occupées par la Famille Royale durant la guerre 1914-1918. Toutes ces villas furent détruites pendant ou alors immédiatement après la deuxième guerre mondiale.
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Pedro Ollevier était directeur de la Banque Nationale à Furnes et habita le château situé Route de Furnes. Il avait 2 héritières, notamment Julia Ollevier (connue communément sous le nom de "Mademoiselle Ollevier") et Adrienne Ollevier. Son fils mourut à l'âge de 20 ans. Adrienne épousa Louis Houtsaeger. Ils auront 2 fils, Joris dit Georges et Willem dit Guy. Georges épousa "Loulette" (Zoé) Ghysbrecht et de ce mariage naîtront 3 enfants : Alain, Luc et Carole Houtsaeger. Guy mourut en 1971, il avait 2 enfants : Daniel et Freddy. A la mort de "Mademoiselle" Julia Ollevier en 1987 tous ses biens furent attribués à Georges. Lorsque, le 6 mai 1988, la Communauté flamande devint propriétaire des 79 ha de dunes pour 99.000.000 FB, Georges était propriétaire pour 9/12, Daniel pour 2/12 et Freddy pour 1/12. Georges et son épouse Zoé sont décédés, mais ils vécurent longtemps au château de la Route de Furnes. Les 97 ha de dunes dites "dunes Houtsaeger" auraient dû s'appeler en réalité "Dunes Ollevier" car le transfert à la famille Houtsaeger est dû à la famille par alliance. Le classement de ces dunes à titre de site naturel de valeur date de 1981. En 1986 une requête est introduite en vue d'un déclassement afin d'y aménager un terrain de golf. La requête fut rejetée sous la pression du "conseil écologique" de La Panne et d'associations de défense de la nature, sinon ces dunes auraient été affectées irrévocablement à l'exploitation d'un terrain de golf. Depuis 1989 le site est classé en tant que réserve naturelle. La clôture rénovée des actuels 79 ha 48 a 74 ca date de 1995. Depuis lors un troupeau comptant initialement 6 ânes sauvages broute librement dans ces dunes. Au printemps de 2004 on y comptait une trentaine d'ânes. Cette population est toutefois encore insuffisante pour y freiner le boisement
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Le Professeur Jules Thiriar naquit à Saint-Vaast (tout près de La Louvière) en 1846 dans une famille issue d'un milieu de cultivateurs Liégeois mais ayant quelques activités d'entrepreneurs en bâtiment pour les mines de charbon du Borinage. Il étudie la médecine et la chirurgie à ULB à Bruxelles.
Au lieu de monter, par facilité, un cabinet médical à La Louvière, il s'installe en 1871 (à l'âge de 25 ans) dans l'un des quartiers pauvres d'Ixelles où il exerce en tant que mandataire du "Bureau de Bienfaisance" de cette commune. Dès le début son intention est de se perfectionner en chirurgie. Il y effectue ses premières opérations à domicile dans les bas quartiers (ablation des ovaires). Il y constate beaucoup de pauvreté et de misère. A cette époque l'art d'une désinfection efficace de plaies est déjà connu (techniques antiseptiques) mais l'on a peu d'attention pour aseptiser l'environnement professionnel ainsi que les instruments. Il part s'instruire à Vienne où, en participant aux opérations, il apprend les nouvelles techniques antiseptiques de Lister. Il les utilise également pour ses opérations à domicile, mais complétées par une grande préparation d'aseptisation de l'environnement afin d'éviter toute contamination. Il se fait une réputation grâce au grand pourcentage de réussite de ses opérations pour l'ablation des ovaires et le traitement des péritonites.
Entre-temps il devient le chef de la section des autopsies des hôpitaux de Bruxelles. La dissection et l'anatomie pathologique sont des situations idéales pour le perfectionner en vue de sa carrière chirurgicale ultérieure. Tout le monde est stupéfait par ses techniques opératoires rapides et précises. Il y a lieu d'ajouter à ce talent manuel le souci constant d'appliquer les nouvelles découvertes scientifiques et les nouvelles théories. (Louis Pasteur n'a découvert les "microbes" qu'en 1865)
Dès 1882 nous le trouvons également à l'ULB. Il y devint professeur en 1897 (à l'âge de 56 ans) et en 1905 directeur de la Faculté de Médecine (à l'âge de 59 ans). Mais il opère simultanément dans les hôpitaux Bruxellois : tout d'abord à Saint-Jean et ensuite à Saint-Pierre. Parmi ses meilleurs disciples se trouve le docteur Antoine Depage , de 16 ans son cadet, qui devint plus tard le successeur de sa chaire. Il s'agit de ce docteur Depage qui se rendit fort méritant durant la première guerre mondiale par la création et l'exploitation de l'hôpital mondialement renommé de la CROIX ROUGE "L'Océan" à La Panne. Le Professeur Thiriar fut également à la base de la création d'une salle d'opération à l'hôpital de sa région natale, La Louvière. Il fut le premier à y réaliser des opérations avec l'assistance de son confrère, le docteur Depage.
Belle anecdote : au début de sa carrière dans les quartiers pauvres d'Ixelles, le sculpteur Parisien Rodin se fixa un certain temps à Bruxelles. Il habitait à deux pas du Professeur Thiriar. A l'occasion d'une fracture le Professeur Thiriar l'a opéré immédiatement et à titre gracieux. Par gratitude l'artiste réalisa une statue de celui-ci en terre glaise cuite. C'est une ouvre d'art fort réussie dont plusieurs coulages en bronze sont actuellement exposés, notamment à l'ULB et dans nombre d'hôpitaux en Wallonie.
Le Professeur Thiriar devint également le médecin personnel du roi Léopold II. Il est même fait mention d'une réelle amitié entre les deux hommes. Nous le voyons par exemple sur la tribune royale, tout juste derrière le Roi, à l'occasion des solennités du 75me anniversaire de la Belgique en 1905, aussi bien à Bruxelles qu'à Ostende. A un âge mûr le Roi s'amouracha encore d'une jeune fille de 17 ans, Blanche Delacroix. A l'heure d'accoucher en 1905 à Villefranche-sur-Mer (tout près de Nice) le roi demanda à son médecin attitré Thiriar de s'y rendre pour l'accouchement. Le professeur se tire d'affaire, pour éviter cette situation délicate, en dépêchant à Nice son neveu, le docteur Lucien Thiriar. Lucien devint ainsi le parrain de Lucien Delacroix, premier fils de Léopold II avec Blanche, que l'on appela à l'époque déjà la baronne Vaughan.
Lorsque le roi tomba subitement malade en 1909, le Professeur Jules Thiriar fut convoqué au "Pavillon des Palmiers" à Laeken. Il diagnostiqua une occlusion du côlon et décida rapidement une intervention chirurgicale. Le Roi préféra attendre le vote de la loi concernant le "service militaire obligatoire" (14 décembre 1909) par le sénat. Mais l'on n'attendit pas et Léopold II fut opéré sur place le jour même encore. Le Docteur Antoine Depage réalisa l'opération rendue indispensable à cause de l'occlusion (néoplasme de la sigmoïde). Le roi sort tout juste de l'anesthésie lorsque le document législatif lui est soumis. Comme d'habitude le roi emprunte le porte-plume réservoir du Professeur Thiriar pour apposer la toute dernière signature officielle de sa vie. Le matin du 17 décembre 1909, anniversaire de son couronnement, Léopold II meurt d'une embolie, en présence de son fidèle médecin ainsi que du Professeur Antoine Depage.
Parallèlement à une vie aussi remplie, le libéral pur-sang Thiriar remplit également d'importantes fonctions politiques durant 18 ans. Tout d'abord élu en tant que Député Provincial de la province du Brabant, plus tard en tant que Député de 1886 à 1894 et Sénateur de 1894 à 1900. Il fut également membre de la Franc-maçonnerie.
Tout ce travail ne fut nullement un empêchement pour s'occuper de ses malades et de l'instruction. Ses discours témoignent toujours d'un respect de l'être humain, de la protection des pauvres et de la défense de la science. Il s'oppose à un surcroît de devoirs à domicile chez les enfants, principalement dans les familles pauvres. Il s'active également en vue d'organiser un service d'aide permanent et efficace pour les victimes des accidents de chemin de fer.
Il n'était pas démuni de moyens financiers. Ainsi il possédait comme résidences secondaires : une imposante villa au milieu d'un parc de plus de 5 hectares "Spirou" à Uccle, la villa "Star" à La Panne , une villa sur la Digue à Nieuport-bains, la ferme de son père et la "Ferme du Coq" à Saint-Vaast. Il perdit fort tôt ses deux premiers enfants, pour ainsi dire en même temps, à la suite d'une fièvre typhoïde. Ses deux enfants suivants, un an et deux ans plus tard, n'étudièrent pas la médecine. Le plus jeune, Maurice, est tombé à l'âge de 20 ans sur le front de l'Yser. Il visita la côté belge, où la mode des baignades en mer, lancée par le Roi Léopold II, attira l'élite. Il vint d'abord à la villa "Star" à La Panne, construite par sa sour et dont il hérita. Plus tard il se rendit plus fréquemment à la villa sur la Digue à Nieuport-bains Il aimait se balader sur la digue, coiffé d'une casquette de marin en guise de parure. Il photographia fréquemment sa famille, sa maison et les bateaux de pêche.
Il mourut le 29 juin 1913 d'une crise cardiaque en auscultant son ami.
Treize mois plus tard la guerre fut déclarée et accorda ainsi à Antoine Depage, son disciple le plus renommé, le triste privilège d'exercer pour la première fois sur un champ de bataille la chirurgie qui lui fut enseignée par son maître.
Le Professeur Sénateur Thiriar est considéré communément comme étant le tout premier grand chirurgien au monde procédant à des opérations internes avec grand succès. D'autre part il était autant l'ami des plus démunis que des personnages les plus haut placés de la société.
Il mérite assurément une statue à La Panne, ou tout au moins une plaque commémorative !

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Jules Lagae
Ce sculpteur et médailleur réaliste naquit le 15 mars 1862 à Roulers (Roeselare) en tant que troisième fils de Raymond, négociant en fourrage et illettré, et de Pélagie Vandendorpe, couturière. Gamin âgé de 14 ans il atterrit dans l'atelier de mobilier d'église de Clemens Carbon, où les sculpteurs Pierre Boncquet ainsi que Charles et Josué Dupon acquirent également leur première aptitude professionnelle et firent leurs premières armes. En compagnie de son collègue de travail Charles Dupon, un peu plus âgé, Jules Lagae fréquentait le soir l'Académie Municipale, où il devint lauréat de la classe de modelage en 1881.
La même année il devint élève de l'Académie Royale des Beaux-Arts à Bruxelles.
En 1887 il fit bâtir à La Panne le cottage de style pêcheur "Kinkankhoorn" dans l'Avenue des Pêcheurs (Visserslaan) (demeure habitée actuellement par les époux Robert Demuysere-Simon) .
En 1888 Jules Lagae obtint le Prix de Rome. Cet évènement lui assura un accueil triomphal à Roulers, et - chose plus importante - un séjour de quatre années en Italie. Avant son départ il épousa Léonie Noulet. En Italie, Jules Lagae réalisa entre autres deux ouvres mettant immédiatement en évidence les qualités essentielles de l'artiste : il maîtrisa le romantisme dans les "Pénitents" et le réalisme respectueux dans "La Mère et l'Enfant".
Revenu en Belgique en 1892, Jules Lagae séjourna un certain temps à Zaventem, avant de se fixer définitivement à Etterbeek, Avenue Michel-Ange, à partir de 1894.
Au Salon de Gand il reçut la toute première de ses nombreuses Médailles d'Or.
En dehors de ses bustes et statues de grande renommée (Albrecht Rodenbach, Karel Ledeganck, Guido Gezelle) Jules Lagae signa également quelques monuments. Les monuments les plus connus étaient les huit figures allégoriques devant l'immeuble de la Poste d'Ostende (1904-1905), le quadrige surmontant l'Arc de Triomphe du Parc du Cinquantenaire à Bruxelles (1905) en collaboration avec Thomas Vinçotte, les quatre lions devant le port maritime d'Ostende (Avenue Comte de Smet de Naeyer) (1906), et le Monument des Deux Congrès à Buenos-Aires (1906-1910) en collaboration avec Eugène Dhuicque.
Fort éprouvé par le décès de son fils aîné Raymond en 1918, tombé au champ de bataille, l'artiste réalisa après la Première Guerre Mondiale plusieurs monuments commémoratifs de la guerre, entre autres à Charleroi, Bruxelles et Le Havre (France).
Jules Lagae déploya une activité fort intense, répondit à de nombreuses commandes, participa régulièrement à des expositions, et reçut nombre de distinctions. La valeur de Jules Lagae ne se localisait pas dans ses possibilités créatives mais dans son aptitude à modeler la personne humaine de façon vivante et respectueuse. Ses ouvres étaient présentées dans toutes les expositions d'art d'importance aussi bien en Belgique qu'à l'étranger, et elles étaient accueillies dans les collections des musées de Bruxelles, Gand, Paris, Berlin, Vienne, Barcelone.
Jules Lagae mourut à Bruges le 2 juin 1931.
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Jos Viérin

1/6/08