Historique
Au Moyen-Age les dunes des Flandres étaient propriété et terrains de chasse des Comtes de Flandres ou des abbayes. Après la révolution Française en 1789 ces terres furent confisquées et la noblesse perdit ses droits de chasse dans nos dunes. Au début du 19-ème siècle l'ensemble de nos dunes appartenait à deux propriétaires, d'une part à Pierre Louis Antoine Bortier ( 1805-1879) (photo 4) et d'autre part à Louis Ollevier. Le premier hérita en 1830 de 650 ha de dunes du côté Ouest tandis que le second devint propriétaire de 176 ha du côté Est de la ligne de démarcation formée par une ligne droite partant de la plage à l'Est du Mont Blanc jusqu'à la maison communale et puis suivant la route de Furnes (Photo 5). Les dunes Houtsager actuelles étaient donc la propriété de Ollevier et ce que nous connaissons actuellement sous le nom de Oosthoekduinen, Calmeynbos, Krakeelduinen en Westhoekreservaat appartenaient à Bortier .

Pierre Bortier , originaire de Dixmude, aimait les arts et fit construire en 1842 un pavillon de chasse en style néoclassique en bordure de mer à l'Ouest du monument de Leopold I.( photo 1 et 2 ). Il n'appréciait pas les moeurs frivoles          ( surtout des baigneurs de Furnes? ) mais il se voua au sort de la communauté de pêcheurs de La Panne. C'est la raison pour laquelle il contraria l' épanouissement touristique de notre commune. Il ne supportait pas que l'on construise des « petits châteaux « dans les environs de sa propriété et empêcha en 1866 que des étrangers viennent s'installer dans l'auberge « Het Hooge». Louis Ollevier, par contre, avait le sens du commerce. En 1866 il possédait un projet pour une Avenue de la Mer en angle droit avec la laisse de haute mer afin de valoriser ses terrains en fonction du tourisme naissant. Ce projet échoua car le prix pour percer la dune du « Kykhill « était excessif. ( photo 5 ) Il n'obtint jamais les subsides nécessaires quoique le projet fut défendu par le député libéral Bieswal-Bricourt. A cette période la plage était déjà fréquentée par des artistes-peintres comme Louis Artan, François Musin, Herman, Louis Serruys, etc) ainsi que les écrivains Hendrik Conscience et Karel Van de Woestijne qui y trouvaient l'inspiration pour leurs oeuvres .

Une autre raison qui freina le déploiement de la station balnéaire fut les mauvaises communications avec l'intérieur du pays. La petite gare d' Adinkerke se trouvait sur la ligne Gand - Dunkerque (1870).
En 1892 Pedro Ollevier ( 1853-1929) eut l'idée de contourner la grande dune parabolique citée plus haut pour un nouveau tracé de l'Avenue de la mer ( photo 6 et 8) . Pour sa réalisation il fit appel à l'entrepreneur Lillois Arthur Bonzel.et pour la première phase de l ' urbanisation à Albert Dumont . Ce dernier fut assisté par d'autres architectes comme Georges Hobé et Joseph Viérin. Ce lotissement connut d'emblée un succès énorme. A la fin du 19-ième et début du 20-ème siècle naît une nouvelle mentalité bourgeoise. On veut quitter la ville pour la campagne. Le retour à la nature, les panoramas, la liberté individuelle et l'exotisme deviennent à la mode. Les cures de bon air et le développement de l'hygiène sont à la base du tourisme aristocratique. C'est le grand chic pour le beau monde et il est bient de passer 2 à 3 mois de vacances à la côte. La liaison avec Adinkerke fut améliorée. En 1901 Georges Hobé fit installer une ligne de tramway tiré par un cheval entre la gare d'Adinkerke et la mer. Il était fondé de pouvoir de la Société anonyme du Tramway de La Panne ( donc 10 ans avant que La Panne ne devienne une commune). Durant la guerre 14-18 et jusqu'en 1920, le général-baron Empain fit remplacer le cheval par des tracteurs avec moteur à essence. Ils furent, à leur tour, remplacés par deux locomotives à vapeur .
Le plan de lotissement de 1904 ( photo 1) servit de base pour délimiter la zone de classement de 1995 mais il fut quelque peu élargi jusqu'à l'Avenue du Mont Blanc ( Witteberglaan) comme limite ouest et il y fut inclus quelques villas dans le Sentier du docteur ( Doktersweg ) et au Mont Blanc ( Witteberg). A part quelques villas classées comme monument historique sur la digue de mer, les parcelles entre le Boulevard de Dunkerque et la Digue furent exclues du classement.

En 1911 La Panne compta 3600 habitants, 10.000 villégiateurs, 60 hôtels ,300 villas.et devint commune indépendante d'Adinkerke avec comme bourgmestre Ernest d'Arippe. La Panne doit sa renommée, pour une grande part, à la famille Dumont. Cette dynamique famille organisa de multiples activités culturelles et sportives e.a. dans le premier casino en bois, le «  Cercle sportif «  qui fut anéanti par un incendie en 1911 en reconstruit en dur en 1922.. François Dumont dessina de magnifiques affiches pour la promotion de la station balnéaire et organisa de grandes fêtes comme les festivités Gallo-romaines en 1923.

Le casino de 1905 était le centre de la vie mondaine à la plage et était animé par son directeur Paul Douai. Il y organise des cours de danse, des représentations théâtrales et cinématographiques, des compétitions de tennis, des jeux de quilles, des crochets, des concours pour le plus beau bébé et des bals masqués. Toutes ces activités sont décrites dans " La Panne, chronique d'un temps perdu"  par Philippe Dumont, petit-fils d'Albert.

On ne peut parler des Dumont sans parler char à voile. Ce sport inventé par Benjamin et François en 1898 est encore, de nos jours, un spectacle impressionnant sur nos plages.

C'était comme on dit  : "le bon temps"

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