Doktersweg (Sentier du Docteur)
Nous nous trouvons à la limite du lotissement DUMONT. A l'endroit où se situe actuellement la maison communale (pour nos lecteurs Français : la mairie) s'érigeait autrefois " 't Kasteeltje ". Durant la première guerre mondiale ce fut le QG du général Andringa, gouverneur militaire de la Belgique libre. Ultérieurement cette construction devint une pension de famille avec un agréable mini-parc de récréation sous les arbres.
La première villa s'appelle "Gilberte" et fut habitée par le premier médecin de La Panne (le docteur Jeroom Ver Eecke, qui fut également échevin de La Panne durant 27 ans) (pour nos lecteurs Français, l'échevin en Belgique est l'équivalent de l'Adjoint au Maire en France) , d'où la dénomination "Doktersweg" (Sentier du Docteur). Cette villa fut agrandie et aménagée en deux villas jumelées avec une tourelle, d'où le nom de la seconde partie "Torenhof". Ceci est un bel exemple de transformation réussie. Exactement les mêmes matériaux furent utilisés, de telle façon que la ligne de séparation avec l'extension est difficile à discerner.
Par opposition nous trouvons à l'angle du Sentier de l'École (Schoolstraat) une extension non réussie. Apparemment, les mêmes briques de façade ne purent être trouvées et l'extension fut peinte en blanc. Le style architectural est également sans valeur. L'ancienne partie s'appellait "Christientje". (1905)
Une grande quantité d'archives du lotissement Dumont a été perdue lors de l'incendie de la maison communale pendant la deuxième guerre mondiale. De cette villa non plus nous n'avons de données quant à l'année de construction et quant à l'architecte, mais grâce à des cartes postales et au style architectural nous pouvons généralement supposer à quel moment et par quel architecte les villas furent construites. La rage de construire la plus importante se situe entre 1900 et la première guerre mondiale . A cette époque furent érigées les villas les plus typiques de style cottage.
Un peu plus loin à gauche nous voyons deux villas jumelées dont les deux moitiés furent restaurées différemment. Nous nous trouvons ici au bon endroit pour illustrer quelques généralités concernant la restauration. Nous rencontrerons ce genre de réalisations de façon permanente lors de la poursuite de la promenade. Quoique ces 2 villas ne datent pas de la période Dumont, mais qu'elles démontrent nettement une influence "Art Déco" datant des années 1930, il est néanmoins intéressant d'insister ici sur les erreurs de restauration les plus fréquemment rencontrées dans le quartier Dumont. La moitié gauche est encore munie de volets en bois.

Autrefois toutes les villas en étaient pourvues, de telle façon que l'ensemble pouvait être clos et protégé des tempêtes de sable durant la longue période d'hiver. Les portes également furent protégées au moyen de panneaux en bois. Le tourisme de week-end d'hiver n'existait pas encore. Si toutes les villas du quartier Dumont étaient à nouveau munies de ces volets, cela donnerait un tout autre aspect. Les "aides financières" (demande à faire auprès de la "Commission des Monuments et des Sites") stimulent les habitants pour poser à nouveau des volets. Nombre de villas présentent également de faux colombages, tout comme ici aux façades latérales. Ce colombage est généralement en béton et n'a aucune fonction porteuse. Il est donc assez regrettable que pour nombre de villas ces colombages d'ornement aient été recouverts d'une peinture blanche. Même les jolis médaillons, parfois avec les noms des villas, sont très souvent simplement recouverts de peinture. Vous pouvez juger vous-mêmes du résultat de la couche de peinture dans le cas de ces 2 villas. Un fait positif pour la villa de droite, la brique jaune d'origine n'a pas été recouverte de peinture. Consécutivement à l'influence de l' Art Déco, des tours de passe-passe ont bien été réalisés au moyen de surfaces en crépi, mais les villas DUMONT d'origine n'étaient jamais peintes. Heureusement, l'on commence actuellement à nettoyer les façades afin de montrer à nouveau les belles briques de Nieuport et de rendre aux villas leur splendeur antérieure. Les plantations sont un autre phénomène. En raison des arbres, des arbustes et des haies trop hautes, les villas sont parfois trop isolées de la voie publique. Bien heureusement ce n'est nullement le cas ici. Selon le concept d'origine de quartier de jardins, tout le lotissement devait présenter un ensemble où les villas devaient être implantées dans une structure ouverte respectant le relief d'origine des dunes. Les anciennes cartes postales donnaient le sentiment de se promener dans les dunes. De grandes surfaces de sable blanc étaient encore visibles. Actuellement ce quartier ressemble plutôt davantage à un parc de verdure, avec encore trop de voitures en stationnement, et de trop hautes haies cachant les jardins. Ces obstacles devraient disparaître afin d'avoir davantage de transparence dans le quartier et de mieux pouvoir admirer les façades. Il y aura donc lieu d'abattre des arbres afin de rétablir le caractère des dunes. Heureusement qu'il subsiste encore pas mal de petites haies de troène d'antan. Les haies exotiques et surtout les haies de taxacées de croissance rapide seront interdites à l'avenir ici le long de la voie publique. D'autre part la troène pousse fort bien dans la terre sablonneuse (cf. le joli sentier de promenade "Ligusterpad" dans la réserve naturelle du "Westhoek").

Un peu plus loin sur la droite, l'accès à une villa Dumont "Holvoet" au centre du lotissement. En ce lieu habitait autrefois l'un des "Albertides" (descendants d' Albert Dumont . Lui-même eut 11 fils et 2 filles). Malheureusement encore, cette villa historique fut peinte intégralement en blanc. De ce fait, non seulement la villa se remarque moins bien, mais perd toute sa splendeur, typique pour les villas Dumont, en signe de victoire sur la nature.

Nous nous engageons maintenant dans la tranquillité du Sentier Blondé (du nom du pêcheur Blondé qui selon une "légende de café" aurait porté sur ses épaules le roi Léopold I er lorsque celui-ci foula pour la première fois le sol belge sur la plage de La Panne le 17 juillet 1831).

A gauche une villa de style moderniste, mais nous en reparlerons à l'occasion d'exemples plus représentatifs du même architecte, notamment Louis Legein.

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1/3/08