Bortierlaan Ouest (Avenue Bortier / Ouest)

Nous nous trouvons devant l'imposant complexe " Le Bouquet des Dunes ". Une habitation comprenant 6 logements, une réalisation des architectes Albert et Alexis datant de 1903 (voir la plaquette frontale peinte en blanc). La forme en "U" de la construction constituait la perspective finale de la vue "chic" depuis la Rue des Oyats. Autrefois les façades terminales comportaient des terrasses ouvertes et des escaliers individuels y donnant accès (voir dessin à main levée de Ruyssen). La jolie tourelle - le "belvédère"- donne à l'ensemble une certaine diversité et témoigne d'une certaine fantaisie. La villa de droite a raccroché des volets en bois, ce qui enjolive bien gentiment l'ensemble.
Dommage que tout soit encore peint en blanc. La monumentalité d'antan, propre aux grandes villas Dumont, est de ce fait perdue en grande partie.
Non seulement l'ensemble mais chaque habitation porte un bien joli nom, tel que "Les Campaniles", "Les Soldanelles" .
Cette villa ainsi que la villa "Marthe" (actuellement "Le Chien Vert") étaient comme de véritables "monuments" dans le quartier Dumont. Il serait de circonstance d'être fier de la plaque nominative et il ne faudrait certainement pas la barbouiller de peinture tout bêtement.
Un peu plus loin, de l'autre côté, nous remarquons trois immeubles à appartements datant des années 1960 : la raison de ces constructions tardives était la présence de terrains de tennis (appartenant à la famille Thiriar) dans cette zone (derrière le Casino se situant sur la Digue de Mer). Le tennis était, notamment, un sport d'élite fort prisé de la "Belle époque".

A l'angle de l'Avenue des Pêcheurs (Visserslaan) nous voyons la villa "Pan", projet de l'architecte Alexis Dumont (1911). Le nom ne figure plus sur la façade mais le bas-relief en céramique à gauche de la porte d'entrée ne le démentira pas. Cette ouvre d'art est de la main de Célestin Helman ("grès Helman"). A l'époque de l'Art Nouveau nombre de maisons à Bruxelles étaient décorées par Helman. Qui ne connaît pas les faïences du "Restaurant Vincent" à Bruxelles?.
Remarquables les ancrages de façade ayant une fleur comme motif. La décoration de l'oil-de-bouf est bien jolie également (cygne en fer forgé).
Cécile Dumont habitait cette villa. Elle y organisa les "thés dansants". En 1930 la villa fut vendue par Alexis Dumont à la société : "Italcable Servizi Cablografici Radiotelegrafici e Radioelettrici" , anciennement "Compania Italiana dei Cavi Telegrafici Sottomarini". Vers 1930 la partie inférieure de l'Avenue Bortier fut exhaussée pour le câble de télécommunications "ItalCable" depuis l'Italie via Anvers et La Panne vers le Portugal (Lisbonne). (voir carte). Ce câble fut mis en service en 1930 et il existait ici une station-relais. LISEZ>> Ce câble passait sous la plage vers la mer (emplacement exact ?). A partir de l'année 1902 l'on tira environ 6 câbles sous-marins depuis La Panne vers l'Angleterre. Entre l' "église des Pères" (ou plus officiellement la Chapelle Royale "Notre-Dame-de-la-Mer") et l'Esplanade (portant à l'époque encore le nom "Route Royale" depuis le carrefour de l'Avenue de la Mer et de la Route Furnes jusqu'à la plage) il y avait une centrale téléphonique (le bâtiment existe toujours). Actuellement il n'y a plus aucun câble en cuivre en service. Seulement encore un câble international en fibres de verre - le RIOJA 2 (1995) - depuis Furnes vers Santander et sortant de la mer dans les parages de la rue H. Conscience. Belgacom fut même obligé, après l'installation du câble RIOJA 2, d'évacuer le 7/5/1996 ses vieux câbles marins qui n'étaient plus utilisés mais se trouvaient toujours sur la plage à droite du monument, pour la bonne raison qu'ils étaient susceptibles de gêner le dépistage de bombes éventuelles, vestiges de la deuxième guerre mondiale. Pour le tracé des câbles sous-marins encore en service, cliquez ici.
En 1972 la villa "Pan" fut acquise par Edmond De Braekeleer (le père de la propriétaire actuelle : Céleste). De Braekeleer est le fabricant de parasols bien connu, qui avait pratiquement le monopole de tous les parasols aussi bien pour les concessions sur la plage que pour les terrasses sur la digue de mer. Actuellement l'on trouve même encore toujours ces parasols tellement typiques de cette époque révolue, typiques de l'identité de La Panne

 
Entre l'Avenue des Pêcheurs (Visserslaan) et l'Avenue des Hautes Dunes (Hoge Duinenlaan) nous apercevons à gauche la villa " La Siesta" peinte en blanc. (année de construction ?)  
La villa "Miette" constitue l'une des restaurations les mieux réussies du quartier Dumont. La preuve qu'au départ d'un "taudis" il y a encore moyen d'en refaire une splendide villa. La villa se situe en toute quiétude à l'écart de la route, à l'endroit où autrefois il y avait un parc dans le lotissement initial du quartier Dumont (la voie d'accès à la villa constituait autrefois l'accès au parc, l'autre chemin de servitude passant par l' "Hôtel du Parc"). L'habitation a été rénovée intégralement (nouvelle toiture avec tour). Une annexe fut ajoutée pour la salle de bain et la cuisine, après délibération avec la Commission des Monuments et des Sites (annexe nullement dérangeante). Les balustrades en béton furent remplacées par des balustrades en bois. Encore toujours les boiseries d'origine. Et le fait primordial, c'est que l'on soit arrivé à débarrasser la villa de la peinture blanche (la villa était peinte intégralement en blanc). Bien plus jolie actuellement !  
Obliquement en face, les villas jumelées "Les Bleuets" (à gauche) et "Les Coquelicots" des architectes Albert et Alexis Dumont. (année de construction ?). L'entrée de la villa "Les Bleuets" a été fermée au moyen d'une paroi en verre et constitue actuellement une véranda. Belle combinaison de couleurs blanc-vert. Même toiture que "Berg en Heuvel" de l'architecte Albert Dumont mais dans le cas présent en tuiles au lieu d'ardoises. L'entrée de gauche de la villa "Les Coquelicots" se fait toujours par une terrasse ouverte. Balustrade fort agréable. A la "Belle époque" l'on s'installait volontiers, drapé dans ses plus beaux vêtements et atours d'un chic évident et un volumineux chapeau sur la tête, sur une terrasse à l'avant "pour voir et surtout pour être vu" !
Un dicton qui intrigue décore la cheminée de la salle à manger "DE PAN, DE BOUR, DE COUR", ce qui signifierait en Breton ou en Normand "DU PAIN, DU BEURRE, DU COUR", vieux dicton pour souhaiter la bienvenue aux visiteurs

 

 

A l'angle de l'Avenue des Hautes Dunes (Hoge Duinenlaan) nous voyons à gauche une villa magnifiquement restaurée (nouvelle toiture + ravalement de façade) (architecte ? année de construction ?). Il est possible de se représenter encore assez facilement la terrasse d'antan, actuellement fermée. Fort remarquables également les angles coupés. Dommage que la haie soit un peu trop haute pour pouvoir admirer la villa dans son intégralité


Obliquement en face, la splendide villa jumelée "Kynance" (auparavant "René") réalisée par les architectes Albert et Alexis Dumont. (année de construction ?). Celle-ci fait partie des toutes premières constructions du quartier Dumont. La tour d'angle mi-cylindrique domine le volume du toit. Joliment restaurée. Toit fort compliqué, assez fortement en surplomb. Des excisions à tel point que certaines sections de toit ont des inclinaisons différentes. Des toitures en surplomb d'une certaine taille ont pratiquement presque la même importance que le reste de la villa. Nul besoin de gouttières (grâce aux encorbellements). L'entrée se faisait à l'origine en passant par une jolie petite terrasse, mais celle-ci a été fermée

 


Encore deux dernières villas jumelées (1903) des architectes Albert et Alexis Dumont, notamment "Le Vieux Logis" et "Le Riant Logis" (à l'origine "Les Cocorlis"). Dommage que les volets en bois soient manquants et que toutes les boiseries aient été peintes en blanc (le pseudo-colombage y compris)
 
28/4/08